Entretien avec Gérard Edde

Dans cet entretien, Gérard Edde explique que le Qi Gong vise la santé et la longévité, malgré sa diversité issue d’origines anciennes et d’une appellation récente 1957. Il insiste sur les excès, responsables de déviations, notamment dans des pratiques intensives ou mal guidées. Les approches varient selon les écoles taoïstes, bouddhistes ou martiales, et le lâcher prise n’est pas universel. Il critique la standardisation moderne et rappelle l’importance des bases comme le dan tian. Le Qi Gong repose sur une coopération avec l’énergie et un travail progressif proche du Yangsheng. Date de parution : 20 juillet 2025 Le Qi Gong, gymnastique chinoise ? Bonne pour la santé et pour tous les âges ? C’est une question complexe. Si on entre dans le détail cela devient facile, mais sur le plan général c’est une question qui pour bien y répondre demanderait de nombreuses pages. Je vais prendre un exemple, on entend à la télévision que les carottes, c’est bon pour la santé, ce qui est vrai, mais si on mange trois kilos de carottes tous les jours ce ne sera pas bon pour la santé. Si on boit trois litres d’eau durant la journée, très vite on va tomber malade. De la même façon, on entend que le sport, c’est bon pour la santé, mais lorsqu’il s’agit de sport de haut niveau, qui exige du corps des efforts intensifs, on s’aperçoit que cela peut être préjudiciable à la santé. En fait il en est de même pour tout et donc aussi pour le Qi Gong. Tout cela ne signifie pas que les carottes, l’eau, le sport ou le Qi Gong sont mauvais pour la santé, ce serait faux de penser ça. Bien sûr que pratiquer le Qi Gong est bon pour la santé. Selon les statistiques, en Chine, au niveau le plus bas, la plupart des gens le pratiquent pour la santé, car ce qu’ils attendent avant tout du Qi Gong c’est une bonne santé et une bonne longévité ; acquérir une bonne longévité est très important en Chine et le Qi Gong est réputé là-bas pour permettre d’allonger la longévité. En ce qui concerne les aspects spirituels, le renforcement de l’esprit, les capacités martiales… ce ne sont que des bonus, le point principal du Qi Gong c’est la santé. Vivre plus longtemps en meilleure forme, c’est la base de la définition du Qi Gong. Le mot Qi Gong a été utilisé pour la première fois par les communistes à l’occasion de l’inauguration d’un sanatorium dans le Nord de la Chine en 1957. Dans cet établissement, le Qi Gong devait être pratiqué afin de guérir les malades atteints de maladies graves dites incurables. Ne voulant pas employer les mots anciens comme Dao yin, les autorités ont voulu utiliser un mot nouveau et ont choisi le mot Qi Gong qui n’avait pas été employé depuis 2000 ans et le but était vraiment de mettre en place une pratique pour la santé. Il peut y avoir dans le Qi Gong des déviations du Qi qui sont dues principalement à des excès de quelque chose. En général c’est plutôt dû à des excès qu’à des manques. Une personne qui fait 10 minutes de Qi Gong par jour ne risque pas une déviation. Ceux qui risquent ces déviations sont ceux qui en font beaucoup, un peu comme le sportif de haut niveau risque de se froisser un muscle s’il le fait mal, c’est exactement la même chose. Les déviations concernent principalement les gens qui forcent, qui veulent aller trop vite et qui veulent des résultats. On ne peut pas dire que le Qi Gong soit toujours lié au lâcher prise, cela dépend des écoles. Si dans l’école taoïste c’est le Wuji, le non-vouloir, dans l’école bouddhiste, en particulier Shaolin, il y a une discipline parfois très difficile qui doit être commencée très tôt dans la vie, à l’adolescence ou jeune adulte. Le lâcher prise n’est valable que dans certains Qi Gong, pas tous. Dans les Qi Gong martiaux ce n’est pas du tout le cas, quand on s’entraîne à la pratique de la chemise de fer ou la main de fer par exemple, on ne peut pas parler de lâcher prise, il y a un but et il faut aller jusqu’au bout. Mais ça fait aussi partie du Qi Gong. Le Qi Gong n’existe pas, les Qi Gong existent, il y en a des milliers. C’est une idée vaguement communiste des années 60/70 qui incite tout le monde à faire la même chose, mais c’est faux, cela n’a jamais existé et heureusement cela n’existera jamais car nous sommes tous différents. En ce qui concerne le terme de gymnastique, je citerai Georges Charles qui a répondu à cela il y a très longtemps. Le terme de gymnastique occidentale vient d’un suédois qui s’appelait Pehr Henrik Ling qui fut le père de la gymnastique « occidentale », non pas d’après les grecs, bien que le mot gymnastique soit grec, mais d’après les chinois, sous l’influence de son ami chinois Ming passionné d’art martiaux. D’ailleurs ce qui caractérisait la gymnastique grecque avait été perdu depuis longtemps. Cela signifierait que la gymnastique occidentale actuelle a été copiée sur un modèle chinois, il y a un siècle et demi à deux siècles. C’est pour cela que le terme « gymnastique » est un peu curieux, c’est un terme grec mais ce sont très certainement des mouvements chinois qui ont été un peu adaptés aux besoins de l’époque, avant le XXème siècle. Ensuite cela a été repris en France par des mouvements de santé qui étaient principalement des mouvements socialistes pour le développement de la personne et aussi par les nazis en Allemagne (années trente). Cette gymnastique « suédoise » a été énormément reprise, dans le but d’éduquer le peuple ou, pour les nazis, de créer une race (sic) saine, comme les Grecs le disaient aussi. Dans la gymnastique, il n’y a pas de dimension énergétique, certains parlent de gymnastique chinoise d’autres de yoga chinois, ce dernier terme serait plus près de la vérité étant donné la dimension énergétique du

Entretien avec le Docteur Jian Liujun

Le Qi Gong est une pratique adaptable à tous dès 5 ans jusqu’à un âge avancé grâce à la diversité des techniques et à l’ajustement selon la santé. Il repose sur trois éléments corps respiration esprit incluant concentration et visualisation. Au delà des mouvements il vise la circulation de l’énergie et l’équilibre émotionnel estimé à 80 % des causes de maladies. Plus qu’une gymnastique il constitue une philosophie liée au Dao et au yin yang cherchant l’harmonie avec la nature et l’unité avec le ciel et la terre proche du Yangsheng et du Non Agir. Date de parution : 16 mars 2025 Le Qi Gong, une pratique pour tous La pratique du Qi Gong pour tous ne présente aucun problème. Nous avons le choix entre différentes techniques ainsi, selon l’état de santé de départ du pratiquant, le Qi Gong peut s’adapter à tous, mais il faut savoir comment l’appliquer, ça c’est le problème des professeurs. Il faut bien conseiller les gens car toutes les techniques ne conviennent pas à tout le monde. Il est possible de le faire pratiquer à des très jeunes, à partir de cinq ans, avant ils ne comprennent pas ce qu’ils font, et jusqu’à un âge très avancé. Pour les plus jeunes nous choisirons des techniques externes qui ne demandent pas trop de concentration, visualisations ou respirations. Nous faisons pratiquer des mouvements. Les mouvements des Cinq animaux, ceux ou des Huit pièces de brocard leur conviennent parfaitement. Trois éléments déterminent la pratique : le corps, la respiration, l’esprit, ce dernier comprenant la concentration (interne ou externe), la visualisation (interne ou externe). La concentration et la visualisation sont déterminées en fonction de l’état de la personne. En ce qui concerne la posture et les mouvements, il est possible de pratiquer debout, assis ou encore allongé, pour les personnes très malades et alitées. Lorsque les problèmes deviennent moins graves, il est alors possible de pratiquer assis puis, ensuite, lorsque la personne va mieux, la pratique peut se faire debout. En ce qui concerne les mouvements il en est de plus ou moins complexes. Il est préférable de commencer par les plus simples pour aller progressivement vers la complexité. Le degré de difficulté, toujours selon l’état de santé de la personne, permet encore de choisir. Par exemple, lorsque le corps se penche, les mains vers le sol, comme dans les Huit pièces de brocard ou le Yi Jin Jing, la pratique se fait sans forcer, en fonction des possibilités physiques de la personne. Qi Gong, un art énergétique Le Qi Gong, une gymnastique chinoise ? On peut traduire comme on veut, ce n’est pas un problème. Pour moi, le Qi Gong est un art énergétique qui permet de capter, faire circuler, renforcer et utiliser l’énergie. C’est un art traditionnel chinois basé sur la richesse de la culture chinoise, spécialement pour entraîner le corps et le mental. Le Qi Gong c’est ça ! Si on le traduit par gymnastique ce n’est pas juste, cela mène à penser que le Qi Gong se limite simplement à des mouvements. Ce n’est pas le cas ! Le Qi Gong c’est aussi la respiration dont le principe est : L.P.P.C. Lentement, Profondément, Progressivement et Continuellement, par le bas-ventre, par le Dan Tian. Ça c’est la respiration du Qi Gong ! Puis il y a la dimension de l’esprit, dont le but est d’atteindre la vacuité, d’éliminer les idées diffuses et confuses de notre mental et de maîtriser nos émotions, car 80 % de nos maladies viennent de nos émotions, cause interne. Si on dit que le Qi Gong est un art de santé, le qualifier de gymnastique n’est pas suffisant, le Qi Gong ce n’est pas simplement faire bouger le corps, ce serait oublier, l’aspect mental du travail et celui de cultiver la vertu. Imaginez quelqu’un qui veut être en bonne santé alors qu’il accumule trop de stress, trop de colère, que trop de soucis, trop d’idées tournent dans sa tête et ne sortent jamais… Le Qi Gong est fait pour enlever tout ça. Il va pratiquer le Qi Gong pour, tout d’abord, calmer son esprit et cultiver la vertu. Le Qi Gong est une philosophie Parler de l’esprit c’est parler de notre façon de voir ce qui se passe : dans la vie, dans notre vie personnelle, dans la vie publique ainsi que ce qui se passe dans l’univers… Le Qi Gong, pour moi, ce n’est pas seulement un art de santé, pas plus que le Qi Gong martial serait un art de combat. Le Qi Gong pour la santé, pour le combat, sont seulement des particularités des effets de la pratique. Si on ne pratique que pour un de ces aspects, notre but est un peu trop limité. Je pense que le Qi Gong est avant tout une philosophie, un mode de vie, cela ne se limite pas à quelques gestes. Le but recherché à travers la pratique, c’est de s’unifier avec le ciel et la terre. Pour cela il nous faut être conforme au Dao. Le Dao c’est le yin – yang qui harmonise notre corps et notre esprit. Nous sommes en bonne santé quand yin – yang est en harmonie, s’il y a déséquilibre de yin – yang, alors on tombe malade. Au sein de la famille, si yin – yang est harmonisé, tout le monde est heureux. De la même façon, si le yin – yang de la société est bien harmonisé, la société connaît alors le bonheur. L’être humain avec le ciel, c’est pareil, si on est en harmonie avec le ciel, si on ne fait rien contre la nature, il n’y aura pas de « punition » de la part du ciel. Imaginez l’hiver, s’il fait très froid et qu’au lieu de se couvrir plus, on se découvre, on agit alors contre la nature et même si c’est pour renforcer notre énergie, à long terme ce n’est pas bon pour la santé. De la même façon lorsqu’en été s’il fait très chaud et que l’on s’habille

Ce qu’il faut savoir sur le Qi Gong

La vision moderne du Qigong se réduit souvent à une gymnastique récupérée par des institutions en quête de monopole. Pourtant, dès 200 av. J.-C., des textes mettaient en garde contre les dérives corporelles et les faux maîtres. Le Qigong authentique repose sur trois axes : entretien physique, développement du Qi et éveil spirituel. La métaphore du tir à l’arc illustre cette unité entre geste, énergie et conscience. Si l’équilibre et la sérénité sont précieux, ils ne restent que des moyens vers un but spirituel lié au Tao et à l’harmonie universelle. Auteur : Georges CHARLES (chef de file de l’école SAN YI QUAN) Date de parution : 10 septembre 2023 « Qigong » Physiologie, psychologie et spiritualité C’est un peu comme le monstre du Loch Ness : tout le monde en a, déjà, entendu parler. On a vu quelques reportages à la télé. C’est impressionnant mais un peu vague. Et chacun a son hypothèse sur la question. Plus de quarante années de pratique et trente ans d’enseignement motivent les explications qui suivent. Mais on pourra toujours en parler, et publier à son sujet; le secret réside dans la pratique, et dans elle seule. Il faut goûter pour comprendre et même, souvent, persévérer un peu. Mais dans ce cas c’est la porte d’un autre univers où espace et temps se confondent au sein du Tao. L’empereur Jaune rechercha l’immortalité grâce au « Qigong » et aux pratiques de l’Alchimie Interne ! Il convient de rendre aux mots leurs valeurs : le bon sens (Kongzi – Confucius) Le « Qigong », ou « Chi Kung » (prononcez tchicongue !), gymnastique millénaire d’éveil et de santé chinoise, fait désormais partie intégrante de notre société. De nouveaux ouvrages sont publiés sur ce sujet. ils sont maintenant plusieurs centaines qui expliquent, à vrai dire, toujours à peu près la même chose : le « Qigong » est ancien voire millénaire, est chinois, est bon pour la santé, est sans danger, est facile à pratiquer, est accessible à tous, est adapté au monde moderne, est non violent, est capable de soigner sinon de guérir de multiples affections et maladies. Il n’est pas non plus une saison sans que se créent de nouvelles fédérations concernant le « Qigong » ou ne s’organisent des colloques nationaux, européens, mondiaux sinon intergalactiques cautionnés par ces mêmes fédérations. Les fédérations déjà existantes, de leur côté, gesticulent comme des diables dans des bénitiers en criant sur tous les toits que le « Qigong » leur appartient de fait. Cela ne pourrait se discuter. Il semble tout à fait normal, en effet, que les fédérations « officielles » reconnues en tant que telle par LE Ministère, il n’en existe qu’un seul, celui de la Jeunesse et des Sports, soient désireuses de conserver un monopole totalement exclusif à ce sujet. Donc la clé de la caisse enregistreuse. Le raisonnement est simple puisque qu’officiellement le « Qigong » est une sorte de Taijiquan (Tai Chi Chuan), que le Taijiquan est une sorte de « Kung Fu » et que le « Kung Fu » est une sorte de Karaté, le « Qigong » est donc une sorte de Karaté chinois mou et statique pour les vieux, les dames, les malades. Donc une sorte de Taijiquan (Tai Chi Chuan) ou de Karaté. Au choix et suivant le Ministre. Il est donc assimilé, affilié, associé tantôt au Karaté, dont il demeure une discipline affinitaire, tantôt au Taijiquan (Tai Chi Chuan) dont il est feudataire sinon le vassal. De leur côté, les Chinois, eux-mêmes, commencent à dénoncer une dérive inquiétante de cette discipline tant dans son pays d’origine, la Chine, qu’en Occident. Un article paru dans un quotidien chinois expliquait il y a peu « En Chine, on compte actuellement plus de cent millions de personnes qui pratiquent le Qigong. Chiffre considérable qui indique la place importante du Qigong dans la vie quotidienne des Chinois. Toutefois certains signes semblent indiquer que le Qigong a été détourné de sa vocation d’origine pour être utilisé par certains à des fins malhonnêtes. » Suivent la description de multiples arnaques imputées à des enseignants et maîtres présumés de « Qigong » qui prétendent posséder l’immortalité, l’invulnérabilité, dialoguer avec les extra-terrestres les insectes et les fleurs, soigner le sida et le cancer par simple imposition des mains. En guise de conclusion, le journaliste chinois affirmait simplement : « Ainsi, le Qigong, philosophie qui n’était qu’un art de vivre, sert de prétexte à toutes sortes de manipulations.Ce phénomène du « faux Qigong » n’est pas isolé en Chine où le « faux » est présent partout et devient une caractéristique de la société actuelle. » La pratique du « Qigong » du Tao Yin Tu en 200 av JC (Tombeau de Mawangdui – tombe de la Duchesse de Dai) A vrai dire cela ne date pas d’aujourd’hui puisque le Prince Liu An, en 200 av.J.C., dans son « Traité du Huainan » (Houainan Zi ou Huai Nan Tseu), toujours considéré comme l’un des plus grands classiques de la Chine antique, au traité N°7, chapitre 31, émet une mise en garde solennelle à ce sujet précis : « Prenez garde surtout de ne pas vous égarer en vous mettant à la suite de faux prophètes des écoles farfelues où l’enseignement contre nature est proposé par des fous dont la conduite et les principes ne valent pas qu’on y donne même une pensée. Méfiez-vous particulièrement des gymnastes (Tao Yin Tche Che) du Tao. Ils ne connaissent que les postures, ils appliquent là l’Art du Coeur selon un schéma purement corporel. Là où il faut entendre la circulation parfaite à travers le corps des souffles du Ciel et de la Terre, ils entendent les échanges entre l’appareil respiratoire de l’homme et l’air extérieur. Tout le reste de leurs exercices physiques est prescrit dans la même optique insuffisante. Nous savons bien que Wang Kiao et Tche Song Tseu pratiquaient cette gymnastique du Tao, mais eux ne s’en tenaient pas là. Ils y adjoignaient l’art d’entretenir le souffle et d’éveiller l’Esprit Authentique, qui

Étude et réflexions autour du Qi Gong

Le Qi Gong est une discipline millénaire visant l’entretien de la vie (Yangsheng). Fondé sur une cosmologie où les Souffles relient matière et esprit, il exige persévérance et sourire intérieur. Enracinée dans le Xia Dan Tian, la pratique thésaurise les trois trésors : l’essence Jing, l’énergie Qi et l’esprit Shen. Guidé par l’intention Yi, le pratiquant s’ouvre au Vide pour harmoniser son axe Terre Ciel. Depuis 1955, cette voie unifie corps et conscience. En cultivant la structure physique et la fluidité, l’Homme accompli retrouve son âme d’enfant au sein du Tao. Auteur : Dr. Bernard Lamy Date de parution  : 10 septembre 2023 Première partie Qi Gong Qi Gong, Tao, Jing, Qi, Shen, Yi, Li … sont des mots que nous allons tenter de comprendre en gardant bien à l’esprit que la langue et l’écriture chinoise ne figent rien dans des définitions rigides mais suggèrent un état qu’on est en mesure d’éprouver, de ressentir sans pouvoir l’expliciter ni le formuler clairement. Cela s’applique au sens du mot Qi Gong. Prononcer Tchi Kung, Kung de Kung Fu, qui signifie tout à la fois travail personnel, patience, assiduité, ponctualité, persévérance dans l’apprentissage… C’est le compliment décerné par un maître à un élève curieux, réceptif, appliqué et travailleur : sens de Gong. Qi, surtout ne pas prononcer Qui ou Ki car Qui Gong ou King Gong prête à sourire, ce qui n’est pas totalement faux car dans la pratique de certains Tchi Kung, que l’on va désormais écrire Qi Gong, on laisse monter et apparaître sur le visage un « sourire intérieur ». La meilleure traduction de Qi est « Souffles » et on peut dire que tout est Tchi, pardon Qi. Une conception unitaire et organique de l’Univers vivant Toute la cosmologie chinoise est fondée sur l’idée de « Souffles » à la fois Matière et Esprit. Le sens de l’idéogramme est révélateur : de la matière dense se transforme en vapeur… À partir de cette idée de souffles il y plusieurs milliers d’années les premiers penseurs ont élaboré une conception unitaire et organique de l’Univers vivant où tout se relie et se tient par ces Souffles. Le « Souffle primordial assure l’Unité originelle ». Il continue d’animer tous les êtres et les relie dans un gigantesque réseau d’engendrement, matrice commune, appelée le Tao dont la traduction habituelle est « La Voie » qui n’a pas de forme, dont il ne faut pas essayer de parler mais qu’il faut vivre, ressentir. La tête, avec le mental, son besoin de raison, de logique, les sens trompeurs, le petit ou gros « Moi » ne facilite pas l’approche du Tao. Il faut, comme le préconise Hergé dans « Tintin : le Lotus Bleu » se couper la tête. Lao Tseu l’a dit : « Il faut chercher la Voie ! Moi je l’ai trouvée. Il faut donc que vous la trouviez aussi… Je vais d’abord vous couper la tête, ensuite vous connaîtrez la Vérité ». Quand les maîtres de Qi Gong répètent inlassablement « Yi Shou Dan Tian » garder, conserver l’esprit, l’intention dans le ventre ils ne disent pas autre chose. Lao Tseu dans le Tao Te King énonce qu’au sein de cette Voie, la nature et le rythme de ce souffle primordial est ternaire : “Le Tao engendre l’Un, l’Un engendre Deux, Deux engendre trois, le Trois engendre les dix mille Êtres…” C’est un engendrement continu, non une création au sens biblique. Il n’y a pas de Dieu créateur comme dans la tradition judéo-chrétienne mais l’aspect trinitaire est présent. Pour les taoïstes, il se résume à un trait continu pour le ciel Yang et un trait redoublé pour la terre Yin et la somme des traits fait trois : apparence mystérieuse d’autant que le souffle primordial se divise bien en trois souffles agissant de façon concomitante : • Un souffle Vide qui tire son pouvoir du vide originel, lieu où circule et se régénère le Qi et qui a le don d’entraîner dans une interaction/production/transformation/devenir perpétuel : le souffle Yin douceur réceptive et le souffle Yang puissance active. • Pourquoi cette approche mystique ? car dans les enseignements du Qi Gong les proverbes « gravitant autour du Vide » sont nombreux en voici quelques-uns. Les traducteurs utilisent souvent le mot Néant pour Vide. • « Le plus miraculeux dans le Qi Gong est de se trouver dans le Néant ». • « Se maintenir dans le Néant afin de nourrir l’Esprit ». • « Évoluer à proximité des phénomènes, pour retrouver le Néant où s’assemble la Voie ». Réflexion à propos du Néant Dans la sonorité qu’utilise en occident la langue des oiseaux ce pourrait être : « je suis né en… » Importance de la zone du nombril dans les exercices de Qi Gong, Shen Jue : Palais de l’Esprit qui nous relie à notre mère, à notre embryologie, à notre source, nos Racines Ben … Retrouver son âme d’enfant, rechercher une respiration embryonnaire… Néant, dans la cosmologie chinoise a aussi le sens de Chaos (Légende de l’empereur Hou Toun) et pour les taoïstes, Zhuang Zi en particulier, nous avons d’abord tous existé dans cette indistinction première d’où tous les êtres naissent. Ce vide, cette confusion, ce chaos initial sous-tend la Vie. Il nourrit notre subjectivité, nos états de conscience, notre vraie réalité. L’astrophysique moderne et les balbutiements de la médecine quantique vont dans ce sens. • « Être disponible au Vide est la clé du ressenti de la pratique du Qi Gong ». • « Tire parti de ce que tu as reçu du ciel sans chercher à te l’approprier : contente-toi du Vide ». Ce Vide nous est accessible, il est cet ensemble de facultés, de ressources, de forces connues ou inconnues dont notre corps et notre esprit disposent qui nous déterminent et que nous n’utilisons pas ou peu. Il n’est pas vraiment vide mais rempli autant de flou que d’activités lumineuses. • « Le Qi Gong n’est pas mystérieux, il se manifeste dans le calme, la paix,

Réveiller l’énergie d’autoguérison grâce au Qi Gong

Le Qi Gong, discipline millénaire de la médecine chinoise, s’impose comme une quatrième médecine dédiée au développement du potentiel humain et à l’entretien de la vie (Yangsheng). En activant la circulation du Qi, cette pratique nettoie le corps et clarifie l’esprit, agissant comme une douche interne. Depuis 5000 ans, elle permet d’harmoniser le Qi prénatal hérité et le Qi postnatal cultivé. Maître Liu He souligne qu’une pratique régulière renforce l’intuition et l’autoguérison. En reliant l’homme au cosmos, cette voie millénaire offre, encore en 1955, un équilibre vital essentiel. Auteur : Maître Liu He Date de parution : 17 août 2023 Je vous remercie pour votre invitation à publier un article dans le journal de votre association. Le Qi Gong attire maintenant l’attention dans le monde entier en tant que pratique de guérison puissante et de méthode de développement personnel. Plusieurs facteurs contribuent à cette focalisation sur le Qi Gong : les voyages internationaux et la sensibilisation au multiculturalisme ; la demande croissante de pratiques holistiques de guérison en médecine ; et le rôle actif que les personnes souhaitent avoir dans leur propre santé. Tous ces éléments, nécessitent que le Qi Gong traverse les siècles, depuis ses origines dans la Chine ancienne pour devenir une pratique moderne respectée. Le Qi Gong est une des disciplines de la médecine chinoise, la plus appréciée des modes de traitement traditionnel. C’est le Qi Gong hérité de ma famille, au cours des générations, qui constitue la théorie et la pratique que je partage avec mes élèves, et que je vous offre dans cet article. Le Qi Gong : la quatrième médecine Notre première approche de la médecine a été de guérir les déséquilibres somatiques une fois qu’ils se sont manifestés par la maladie dans le corps. Au fil du temps, nous avons appris à cultiver la « deuxième médecine » c’est à dire la prévention de la maladie grâce à une bonne alimentation, à l’exercice et au repos. Le stress de la société moderne a exigé de la médecine d’aller encore plus loin : au cours des 50 dernières années, la « troisième médecine » a été confrontée aux consultations se rapportant aux maladies mentales et émotionnelles. Comment le Qi Gong s’inscrit-il dans ce paysage médical ? 5000 ans de tradition de Qi Gong ont été validés par la recherche scientifique contemporaine : le Qi Gong peut aider à guérir et à prévenir les maladies physiques, ainsi qu’à guérir l’esprit. Cette ancienne forme de médecine est aussi une étape pour l’avenir, allant au-delà de la prévention des maladies jusqu’à un modèle positif de développement du potentiel humain. Comme « Quatrième Médecine » le Qi Gong nous offre des outils naturels pour évoluer. Les histoires de praticiens de Qi Gong cultivés peuvent nous aider à envisager notre propre potentiel. Le grand herboriste Li Shi Zhen (李时珍) est un célèbre exemple de conscience du Qi au travail. Il a compilé un texte de 52 volumes qui détaille 1.892 substances médicinales puissantes Ben Cao Gang Mu (本草纲目).Quelles méthodes de recherche Li Shi Zhen employa-t-il ? Comme nous le savons, de nombreuses substances issues des plantes sont toxiques. Si Li Shi Zhen avait goûté toutes les herbes, il serait sûrement mort et n’aurait jamais fini le livre. Ce puissant guérisseur a dit qu’il a utilisé son Qi pour goûter les herbes. Mon propre potentiel s’est déployé de façon fascinante lorsque j’ai pratiqué le Qi Gong année après année. Après quelques années d’entrainement avec mon grand-père, je me souviens l’avoir regardé traiter un patient avec l’acupuncture. Je pouvais percevoir les canaux énergétiques de mon grand-père rayonnant de son Qi. Ses aiguilles étaient également incandescentes, et j’étais en mesure d’assister à son énergie rayonnante transmise directement dans les canaux du patient. Je remarquais comment certains des canaux du patient ont commencé à briller, tandis que certaines régions sont restées sombres et déconnectées. Ce spectacle m’a permis de comprendre la vraie nature du blocage du Qi. Au cours de mes années de formation avec mon grand-père, j’ai appris la forme de Qi Gong de notre famille la Fille de Jade. J’ai toujours aimé cette forme, estimant qu’elle était déjà en moi. Un matin, tout en pratiquant dans la nature, j’ai entendu, une forte intonation très claire. J’ai inconsciemment commencé à répéter le son, j’ai alors remarqué que ma pratique était quelque peu différente. J’ai senti une plus grande unité avec l’univers. J’ai découvert quelque chose qui fait que la forme la Fille de Jade est encore plus vivante pour moi ! J’ai demandé à mon grand-père si je pouvais ajouter ce nouveau son dans ma formation Qi Gong. Mon grand-père m’a dit que ce que j’avais reçu à travers ma connexion avec la nature était un mantra antique, une partie de la langue pure de l’univers. Après une vie de pratique, je suis toujours surprise par le nombre possibilités que le Qi Gong présente pour moi. Grâce à la pratique du Qi Gong, je me suis récemment ouverte à l’écriture. Pendant la plus grande partie de ma vie, j’ai détesté écrire. Je n’ai pas bien réussi dans toutes les classes de littérature à l’école.Pourtant, quand j’ai décidé d’écrire sur ma pratique de Qi Gong, le Qi est entré dans mes doigts et a commencé à couler.C’est un grand plaisir de voir mes élèves découvrir leurs capacités naturelles par le biais du Qi Gong.Même dans les premiers stades de la pratique, certains d’entre eux sont en mesure d’accéder au Qi pour se guérir et guérir les autres. Quel potentiel inné ce « Quatrième Médecine » peut révéler pour vous ? Comment la pratique du Qi Gong crée la santé Le nettoyage régulier de l’intérieur de nos corps et de nos esprits La plupart des gens seraient d’accord pour dire que chacun de nous devrait prendre une douche chaque jour. Si nous ne nettoyons pas notre corps pendant une longue période, nous allons développer des problèmes de peau. Ce type de pathologie est visuellement apparent et clairement inconfortable. Des disharmonies similaires à l’intérieur de nos corps sont invisibles et subtiles à

La pratique du qi gong au secours du dos ?

Le Qi Gong, popularisé depuis 2000, n’est pas une simple gymnastique mais une approche globale de l’être. Face au mal de dos, il refuse de traiter le symptôme isolément. La douleur signalant un blocage du sang et de l’énergie, la pratique vise à restaurer la fluidité par la mise en mouvement. En unifiant posture, respiration ample et apaisement émotionnel (JingShen), elle libère les tensions accumulées. Héritier de traditions millénaires influencées par le taoïsme et le bouddhisme, cet art énergétique soutient la santé globale sans segmenter le corps, offrant un soulagement durable. Article paru dans Biocontact n° 341 – 10 janvier 2023 Depuis le début des années 2000, la pratique du qi gong se popularise. Plusieurs fédérations sportives se sont « emparées » de cette pratique, le monde médical s’est intéressé à ses bienfaits et nous avons assisté à une recrudescence d’articles, de témoignages et de livres sur le sujet. Précisons enfin que la formation d’enseignants de qi gong s’est aussi largement développée ces dernières années. Il est raisonnable d’envisager que le phénomène dépasse nos frontières, car bon nombre d’experts et de maîtres chinois sillonnent le globe afin de dispenser formations et enseignements. Souvent présentée comme une gymnastique de santé, douce et sans risques, que peut réellement nous apporter cette pratique ? Aujourd’hui, il est courant que la pratique du qi gong soit encouragée, voire prescrite pour certaines affections. Parmi ces dernières se trouve le mal de dos. Tentons de comprendre comment cette pratique peut accompagner et parfois soulager une personne atteinte de douleurs dorsales chroniques ou ponctuelles. Essayons pour cela de ne pas tomber dans une simplification excessive de la pratique et évitons l’écueil de traiter un symptôme pour appréhender une vision globale de l’être humain. L’homme, un tout En qi gong, il n’est pas possible de parler d’exercices pour soigner un mal de dos uniquement. Le qi gong, tout comme la médecine chinoise dont il est issu, ne segmente pas le corps humain, il cultive l’énergie vitale ou le souffle vital. Qi, c’est l’énergie produite par le vivant : très manifesté, le qi devient la matière vivante elle-même, moins manifesté, il est l’influx nerveux et la pensée. Qi est en quelque sorte l’activité métabolique qui nous maintient en vie. Le qi gong appréhende toujours l’homme comme un tout. Cet homme fait partie de l’univers, il est relié au Soleil, au Ciel, à la Terre… et avec tout ce qui l’entoure sur cette planète, saisons, climats, plantes, animaux. L’origine du mal au dos Le mal de dos peut avoir plusieurs origines : postures, émotions, stress, inquiétudes, choc, accident… Le cours de qi gong ne va pas être le lieu pour comprendre l’origine de ce mal, mais plutôt le moyen de trouver ou retrouver l’harmonie sur les trois plans qui caractérisent l’homme : le physique, les émotions et l’esprit. Cette paix de l’esprit est pour nous, êtres incarnés, complètement liée à notre capacité à être connectés à la réalité de notre corps, ce que les Chinois nomment JingShen, communion du corps et de l’esprit et présence à soi-même. La pratique du qi gong, réalisée en présence, nous aide à revenir à notre essence première, source de vitalité et de bonheur, tout en ouvrant notre corps et notre conscience. Les étirements constituent des outils de première importance dans cette démarche de découverte et d’ouverture. Qu’est-ce que la douleur pour le qi gong ? Rappelons que dès qu’il y a douleur, il y a blocage : le sang et l’énergie sont bloqués dans la zone douloureuse, il n’y a plus de mouvement. Et sans mouvement, il n’y aura pas de transformation, il n’y aura pas de déblocage progressif. De manière instinctive, quand nous avons mal quelque part, la plupart du temps nous frottons la zone et nous redonnons ainsi du mouvement au sang et à l’énergie. Avec le qi gong il en sera de même, on pourra entamer en douceur une mise en mouvement ; elle pourra paraître minime au départ, mais peu à peu la fluidité reviendra et avec elle l’harmonie. Quelles solutions du point de vue de la pratique du qi gong ? En corrigeant sa posture, en se relâchant dans la Terre et en s’étirant vers le Ciel, le mal de dos peut déjà diminuer. Ou bien en apaisant les émotions par des mouvements qui permettent par exemple de relâcher le plexus solaire, le mal de dos peut s’estomper. Ou bien en apaisant les pensées par des mouvements qui permettent, entre autres, de ralentir le « petit vélo » dans la tête, le mal de dos va éventuellement s’adoucir. Ou tout simplement en retrouvant une respiration plus ample et pleine, le sang et l’énergie vont se remettre en mouvement et lever progressivement le blocage et la douleur. Il est intéressant de noter ce que dit la médecine chinoise, qui inclut le qi gong, sur le poumon : en plus d’être le maître de la respiration, il fait circuler le sang et l’énergie dans tout le corps à travers sa fonction respiratoire. Bien respirer est donc fondamental aussi sur ce plan-là. En clair, il n’y a pas de « mouvement miracle » bon pour le mal de dos, même si on vous le dit sur Internet ! En d’autres termes, on pourrait presque dire que tous les exercices sont bons pour le dos, et adaptables par le professeur en fonction du degré et de l’endroit du mal au dos. Car ce ne sont pas les exercices qui vont le plus agir ! Lorsque le pratiquant retrouve peu à peu un équilibre, que le sang et l’énergie circulent mieux et que sa respiration s’ouvre, le mal de dos a tendance à diminuer. Certains exercices seront plus appropriés pour une personne que pour une autre, et c’est là à nouveau que le professeur de qi gong devra être vigilant pour conseiller ses élèves. C’est pour cette raison fondamentale qu’ici, dans cet article, il ne pourra pas être conseillé tel ou tel exercice qui, pratiqué seul, sans le regard du professeur averti, pourrait

Confucius et la pratique du Qi Gong

L’essence de la pensée de Confucius dépasse la simple verticalité martiale. Elle s’articule autour de deux piliers : Zhong, la loyauté envers soi-même (la verticale), et Shu, l’indulgence envers autrui (l’horizontale). Cette rectitude, ou Zheng, impose de redonner leur juste sens aux mots et aux fonctions sociales pour réformer l’État de l’intérieur. Loin d’être un dogme rigide récupéré par les pouvoirs, le confucianisme prône une éthique chevaleresque. Finalement, l’idéal réside dans le San Jiao He Yi, l’harmonisation unifiée des sagesses bouddhiste, taoïste et confucéenne au service de l’éveil. Auteur : Georges Charles Shengren Daoshi San Yiquan Date de parution : 26 avril 2022 En 2013 parait le film « Grand Master » de Wong Kar Wai. Dès la séquence d’introduction, Tony Leung, qui joue le rôle de Yip Man énonce cette vérité « Le Kung-Fu c’est deux mots, horizontal, la terre, vertical, le ciel ». Et il ajoute doctement « Faites une erreur : horizontal, restez vertical et vous gagnez ! ». Il s’agit bien d’un film (très) grand public et la formule a, depuis, été reprise par tout un chacun. Évidemment c’est facilement compréhensible debout, vertical, vous êtes vivant, couché, horizontal, vous êtes mort. Donc le Ciel (Yang) vaut bien mieux que le Terre (Yin). Avouons que c’est quand même un tout petit peu primaire. Et très «occidental ». Mais d’où provient originellement cette formule ? Concernant la doctrine de Maître Kong, alias Kongzi ou Confucius, elle semble devoir être attribuée à Wangbi (Wang Pi) (226 249) que l’on donne, en Occident comme un « Néo-Taoïste » et qui ne se prive donc pas pour critiquer la Maître : « Toute la doctrine du Maître Kong tient en deux caractères, exclusivement, Zhong et Shu. Zhong c’est s’élever au plus haut de soi-même, la verticale et Shu c’est s’ouvrir vers autrui, l’horizontale. Tout le reste n’est que laçage de sandales ! » Et paf ! Caractère Zhong : La Loyauté Évidemment cela réjouit toutes celles et ceux qui pensent devoir détester Confucius par principe. Mais quels sont ces deux fameux caractères ? Zhong (Ricci 1272) signifie fidèle, loyal, sincère, honnête, intègre. Shu (Ricci 4429) signifie juger équitablement, pardonner, absoudre « Juger et traiter autrui comme on aimerait l’être soi-même ». Zhong Shu signifie donc « Etre fidèle à ses principes mais indulgent envers les autres ». C’est l’intransigeance personnelle mais la bienveillance envers les autres. Cela rappelle l’adage québécois qui affirme « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants (on pourrait dire aussi des ami(e)s…) » Confucius, cinq siècles avant le Christ, avait dit, non seulement « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse (ou te fit) » mais « Fais aux autres ce que tu aimerais bien que l’on te fasse ». Ce qui est, n’en doutons pas, un sacré programme. Le caractère Zhong représente un Cœur (Xin) (je mets une majuscule car il ne s’agit pas uniquement de l’organe « pompe cardiaque » mais de sa fonction subtile) surmonté par ce qui représente une cible transpercé par une flèche, donc le centre, le milieu. « Lorsque la flèche atteint le centre de la cible elle produit simplement le son « Zhong » (Chong). Et un simple murmure d’approbation parcourt les spectateurs » (Tir à la Cour d’un Préfet, Livre du Rituel (Li Ji)). Pas besoin d’applaudissements superfétatoires puisque la flèche a atteint la cible ce qui était son but. La flèche atteint son but, le centre de la cible et donc le cœur de celui qui assiste au tir. Il en est élevé. Pour le tireur c’est l’exigence personnelle sinon il doit retourner s’entrainer. Mais il n’en tire aucune vanité ni ne réclame aucune médaille. Si la flèche n’atteint pas le centre de la cible il n’incrimine ni l’arc, ni la flèche, ni la cible ni le vent ni les spectateurs. Mais il sait ce qui lui reste à faire et il le fait. Ce caractère Zhong a été tatoué sur le dos de Yue Fei par sa mère : « Jing Zhong Bao Guo » ; « Etre Loyal et Patriote à la Chine ». « Être Loyal et Patriote à la Chine » Jing Zhong Bao Guo – le fameux tatouage de Yue Fei Yue Fei (1103-1142) était un célèbre général pendant la Dynastie Song et un héros national. Il était surtout connu pour avoir défendu les Song du Sud contre les envahisseurs Jin. Il était aussi un stratège notoire, mais ça n’est pas son talent militaire qui laissa le plus profond impact sur le peuple chinois. Sa loyauté et sa dévotion devinrent un modèle pour la jeunesse chinoise. Le Mémorial de Yue Fei se situe à Hangzhou et demeure l’un des lieux historique et touristique les plus visités de la Chine. Un autre mot clé qu’oublie Wangbi est Zheng (Cheng) (Caractère Ricci 319) qui signifie droit, rectitude, rectifier, remettre droit. Le Maître Kong l’emploie lorsqu’un Prince lui demande ce qu’il ferait si il était à sa place et Confucius répondit simplement « Zheng Ming » ce qui signifie « Rectifier les noms » donc redonner aux mots leur juste valeur, les remettre droit. Mais en chinois Zheng Ming signifie aussi le « bon sens ». Il répond au prince « du bon sens ! » ce qui est pour le moins osé. En passant, ce caractère Zheng est constitutif, avec la grande hallebarde à crochet (Ge) du terme Wu (Bu au japon) que l’on traduit malheureuse- ment par « martial » alors qu’il signifie littéralement « bravoure » ou par extension « chevaleresque ». L’Empereur Kangxi explique « Le Brave (Wu) est celui qui est capable de faire cesser la violence sans nécessairement utiliser celle-ci ». Il faut insister sur le terme « nécessairement » car si il n’y a pas d’autre moyen il convient donc de l’utiliser en retour. Confucius est assez mal compris en Occident et, peut-être, plus encore en Chine. On en fait la parangon de la vertu, de l’ordre, de la

Qu’est-ce que l’année du buffle ?

L’année du buffle s’inscrit dans la philosophie taoïste, liant le Yi Jing aux systèmes des Tian Gan et Di Zhi. Ces symboles enregistrent les cycles du temps, de l’espace et des influences astrologiques. Chaque année résulte d’un couple parmi soixante combinaisons, associant les cinq éléments au Yin et au Yang. Le zodiaque n’est qu’une image mémorielle ; le véritable pratiquant de Qi Gong se concentre sur l’empreinte énergétique reçue à la naissance. En harmonisant ses exercices avec les saisons et le climat, l’homme peut agir sur son destin pour préserver son équilibre intérieur. Auteur : Tien SHUE Date de parution : 12 février 2021 Tout d’abord, il faut comprendre ses origines à travers la philosophie chinoise. Tout le monde sait que la médecine chinoise est étroitement liée à la philosophie taoïste. Ainsi, la théorie du Yin et du Yang, et celle des cinq éléments (Wu Xing) font partie de la théorie de la médecine traditionnelle chinoise.Dans le livre Yi Jing, on peut reconnaître également les huit trigrammes (Bagua), les Tian Gan et les Di Zhi, qui forment un ensemble de théories philosophiques, avec celle des cinq éléments et celle du Ying et du Yang. Tout cela à pour but de favoriser la santé.L’utilisation de douze animaux dans l’année est donc basée sur les Tian Gan et les Di Zhi du livre Yi Jing. Les Tian Gan et les Di Zhi sont des systèmes de symboles séquentiels utilisés pour représenter la séquence temporelle et l’orientation spatiale. En outre, ils servent à appréhender l’espace et le temps. On peut également dire que les Tian Gan et les Di Zhi enregistrent les changements d’espace et de temps, mais aussi les changements astrologiques. Ils détiennent la signification des numéros, nécessaires à la connaissance des positions des étoiles, mais également celle des lois de la nature, qui s’inscrivent dans le processus de production de toutes choses, soit le cycle de la vie ou des choses. Dès lors, analyser les changements d’année, de mois, de jours et d’heures s’effectue en fonction des attributs des Tian Gan et des Di Zhi. On peut alors noter les dix mots des Tian Gan : Jiǎ; Yi; Bǐng; Dīng; Wù; Ji; Gēng; Xīn; Rén; Guǐ. Ainsi que les douze mots des Di Zhi: Zǐ; Chǒu; Yín; Mǎo; Chén; Sì; Wǔ; Wèi; Shēn; Yǒu; Xū; Hài.Il existe soixante couples entre tous ces mots. Ces combinaisons ont pour but de démontrer le cycle du monde et ses changements. Pour une compréhension plus complète de ce cycle, il faut ajouter à ces couples les théories des cinq éléments, du Yin et du Yang, et du Bagua. Par ailleurs, les douze caractères des Di Zhi ont des significations différentes. En effet, ils indiquent respectivement des choses différentes. Selon les caractéristiques des Di Zhi, douze animaux sont attribués à une année, de manière cyclique, tous les douze ans, reprenant les images des constellations. Cela a pour but de permettre au peuple de se souvenir facilement de l’année et de mieux retenir les caractéristiques du Di Zhi. Sur le tableau ci-dessus, nous pouvons alors remarquer les mots du Di Zhi en première ligne, associés aux douze animaux. Leur traduction est alors inscrite en dernière ligne.Dans un cycle de soixante ans, les douze animaux apparaissent cinq fois chacun. Pourtant, le Tian Gan change en fonction des couples, formant cinq différents attributs. Ainsi ces derniers correspondent aux cinq éléments : le métal, l’eau, le bois, le feu et la terre. Ils apparaissent six fois chacun en soixante ans. De surcroît, chaque élément dispose de six situations correspondant à une force ou une faiblesse.Par exemple, 2021 est l’année du buffle. Le Tian Gan est le Xīn, qui représente l’or. Le Di Zhi est le Chǒu, qui caractérise la terre. Ainsi, les deux ensembles constituent la terre au mur. Ceux qui sont nés cette année ne disposent pas de beaucoup de terre au sein de la rate. De plus leur feu n’étant pas assez fort, on peut dire que leur rate est faible. Pour mieux le comprendre, voici les six différents états de force et de faiblesse de la terre : la terre au bord de la route, la terre au sommet de la ville, la terre à la maison, la terre au mur, la terre au grand poteau, et la terre au sable. Cette année, le Chǒu et le Xīn forment un couple qui se symbolise par la terre au mur. Temps, espace et pratique. Pourquoi, dans la lecture de l’avenir d’une personne, son année de naissance est-elle combinée avec son état de vie ? En effet, lorsqu’une personne naît, le temps et l’espace de cet instant précis sont gravés en elle. Ils lui ont laissé une empreinte. Par empreinte, il faut comprendre influence. Influence à la naissance, de la météo, des quatre saisons, de l’année, du mois, du jour et de l’heure. Influence de la planète, du soleil et de la lune. Influence de la météorologie (vents, froid, chaleur, humidité, sécheresse et feu). Il faut aussi prendre en compte la situation géographique : la mer, les montagnes, les plaines, etc., mais aussi la situation de l’énergie, appelé Qi, dans le lieu en question. Il faut aussi prendre en compte l’héritage parental et d’autres facteurs qui ont formés une influence sur les conditions de temps et d’espace. Dans le livre Yi Jing, la lecture de l’avenir se fait sur l’état de vie, la capacité d’agir et l’état environnemental des personnes, qui se combinent avec l’état d’autrui afin de former un tout.« Yi Jing » signifie le changement. Dès lors, le destin de l’homme n’est pas immuable. Les taoïstes revendiquent ceci : « Mon destin est entre mes mains, et non celles du ciel ! ». Ils s’entraînent donc activement pour changer et contrôler leur destin. Cependant, il n’est pas si facile de changer son propre destin. Pour ce faire, il faut saisir les changements dans le temps et l’espace afin d’éviter les mauvaises situations futures. En fonction de la lecture des Tian Gan et des Di Zhi, il faudra éviter ou favoriser

Intérêt des étirements en Qi Gong

En Qi Gong, les tendons et muscles sont liés aux méridiens et à la circulation vitale. Le stress ou la sédentarité provoquent des rétractions entravant la mobilité et comprimant les organes. Contrairement au stretching sportif, les étirements de l’art énergétique, comme le Yi Jin Jing, privilégient la douceur et la présence consciente sans recherche de performance. Cette alternance entre ouverture et relâchement libère le sang et le Qi. En dénouant les tensions profondes, la pratique restaure l’harmonie entre corps et esprit, favorisant une santé durable, une vitalité joyeuse et une paix intérieure sereine. Auteur : Philippe JULLIEN Date de parution : 10 février 2021 Une maxime chinoise affirme : 筋⻓⼀吋,延命⼗年 « quand les tendons s’étirent d’un pouce, la vie s’allonge de dix ans ». Dans la conception chinoise les tendons et les muscles sont étroitement associés aux méridiens et à la circulation de l’énergie et du sang.Les tendons sont les prolongements des aponévroses (fascias) qui enveloppent les muscles. Ils insèrent ceux-ci sur les os.Ces tendons, fascias et muscles forment des chaînes musculaires et des ensembles solidaires dans le corps. Ils assurent la cohérence des gestes, mouvements, déplacements et stations du corps. Malheureusement, leur bon fonctionnement est généralement limité par des rétractions qui freinent ou bloquent les mouvements ou la posture et empêchent l’aisance et le comportement naturel. Ces rétractions peuvent provenir :– D’un stress émotionnel soudain ou répétitif– D’une sédentarité excessive (station assise prolongée au travail par exemple)– D’un surmenage physique (travail en force ponctuel et/ou répétition du même geste sans ménagement) ou l’habitude de mobiliser son corps en force– D’une suractivité mentale et émotionnelle quasi-permanente : cet engorgement de pensées et d’émotions qui nous caractérise tous, nous ”tire” vers le haut, entraînant une suspension énergétique et des rétractions musculaires et même organiques qui bloquent le bon fonctionnement de notre organisme et la circulation des liquides (sang, qi, etc…). Faites juste l’expérience de vous asseoir sur une chaise, puis fermez les yeux. Vous pouvez alors sentir que vous n’êtes pas vraiment assis. Vous êtes suspendu, et vous ne vous abandonnez pas.Sentez tout ce qui résiste au contact de la chaise et lâchez. Vous pouvez rester ainsi et continuer à sentir les résistances et à lâcher. Peu à peu, vous faites confiance, peu à peu vous descendez, vous vous détendez. La même chose peut être effectuée en étant debout…Nous sommes ainsi tendus dans tout notre corps mais nous ne nous en rendons compte que rarement car ces tensions sont inconscientes. Elles sont liées à des mémoires, des pensées, des émotions, qui sont à l’origine de nos problèmes mentauxet physiques.Les animaux sauvages, qui ne pensent pas (autant), sont très détendus lorsqu’ils sont au repos ; et ils sont rarement malades. Cette rétraction des muscles/tendons/fascias entraîne :– l’usure des surfaces articulaires due à la compression– une mobilité réduite et une déformation progressive du corps– des douleurs, blocages, duretés, insensibilités– une mauvaise circulation du sang et des liquides– l’usure et le vieillissement prématuré des muscles et tendons– le vieillissement prématuré et le dysfonctionnement des organes qui se trouvent comprimés par les muscles et fascias tendus et rétrécis. La pratique quotidienne du qi gong permet cependant de défaire et réduire ces rétractions et tensions. Comment procéder ? Certaines formes de qi gong sont connues pour leurs techniques d’étirements et leurs résultats sur la santé des muscles et des tendons – on pense notamment au Yi Jin Jing ou ”transformation des tendons et des muscles”; néanmoins, de nombreux autres qi gong agissent sur le dénouement des tensions corporelles par une alternance de mouvements d’étirement et de relâchement, d’ouverture et de fermeture.L’approche du qi gong est très différente des pratiques d’étirements sportifs (stretching) ou même de certains yogas dynamiques. Ces techniques sont effectuées dans une attitude utilitaire, pour renforcer, ou pour assouplir, ou encore pour obtenir de meilleurs résultats dans un domaine sportif, ou dans un but d’esthétique. On pratique des étirements, mais il y a en même temps une tension vers un résultat et on va consciemment ou inconsciemment agir en force, chercher le progrès ou la performance, et d’une certaine façon abuser de son corps, comme on a appris à le faire de par notre éducation ; une habitude qui a justement forgé et accumulé les tensions, rétractions et blocages. Il en est tout autrement dans les étirements en qi gong.La présence dans le ressenti corporel, l’enracinement de la conscience dans le corps, sont le facteur essentiel et indispensable pour une pratique authentique du qi gong. Ils sont étroitement associés au relâchement et à la douceur, et à la tranquillité de l’esprit. Durant la pratique, il ne s’agit plus d’atteindre un but, quel qu’il soit, mais d’être là dans son corps, en le sentant vivant.Étirer un membre ou une chaîne musculaire ouvre et étire les méridiens et les vaisseaux sanguins ; relâcher dans le mouvement qui suit libère la circulation du sang et du qi. La plupart des mouvements de qi gong opèrent de cette façon, en une alternance de yin et de yang. Dans les Yi Jin Jing, ou d’autres formes d’étirements au sol ou debout, le travail postural peut également permettre d’étirer et de relâcher simultanément. Dans les étirements posturaux du Chaoyi Fanhuan Qigong (CFQ), on se place dans une posture d’étirement, et on reste ainsi une minute ou plus, sans chercher à étirer plus. Cette pratique statique (jing gong) agit plus en profondeur que les étirements en mouvement (dong gong), car on ne fait rien : juste sentir ses appuis, le contact avec le sol, sentir les résistances (tensions, douleurs) et lâcher en respirant tranquillement avec l’abdomen. Laisser aussi éventuellement survenir des mouvements spontanés (tremblements, secousses, etc…), autant de blocages qui s’évacuent ainsi. Pas d’intention, pas d’attente, pas de concentration ; juste être présent au ressenti et ne pas réagir. Faire confiance à l’intelligence du corps qui se nettoie et se soigne par lui-même si on n’interfère pas mentalement. ”Le bonheur naïf du ressenti corporel, appréciatif, inconditionnel, non prémédité, est le solvant qui dilue et érode le rejet, les résistances, la haine, la